Extraits de la Veille Hebdo du 3 novembre 2020

Le vaccin contre la grippe est-il également efficace contre la Covid 19 ?

Une équipe de chercheurs du Radboud University Medical Center à Nimègue aux Pays – Bas vient de publier une étude (qui n’est pas encore été évaluée par un comité de lecture), qui tendrait à prouver que la vaccination antigrippale pourrait inciter l’organisme à produire des molécules capables de combattre le SARS-Cov2.

  • Les chercheurs se sont appuyés sur l’analyse d’une base de données de personnels hospitaliers, distinguant les employés, qui avaient été vaccinés contre la grippe durant la saison 2019 – 2020 et ceux qui ne l’avaient pas été ; ils ont ensuite recensé ceux de ces personnels, qui avaient été infectés durant l’hiver par le SARS-Cov2 et ceux, qui n’avaient pas été atteints ; ils ont alors constaté que 2,2 % du personnel non vacciné avait été testé positif, contre seulement 1,3 % parmi le personnel vacciné contre la grippe.
  • L’équipe a par ailleurs mené des expériences en laboratoire sur des cellules sanguines d’individus sains. Elle a mis en contact ces cellules avec le coronavirus, après avoir exposé certaines d’entre elles à un vaccin contre la grippe. Les chercheurs ont observé que les cellules, qui avaient d’abord été exposées au vaccin antigrippal avaient produit plus de cytokines (des molécules immunitaires antivirales) que les autres.
  • Pour le Scientific American, ces résultats ne prouvent cependant pas que le vaccin contre la grippe protège contre la Covid-19 ; pour la revue scientifique américaine, d’autres causes pourraient être à l’origine des résultats constatés : « Par exemple, les personnes qui choisissent de se faire vacciner contre la grippe sont peut-être plus soucieuses de leur santé et plus susceptibles de suivre les directives de prévention de la Covid-19 que les personnes qui ne se font pas vacciner ».
  • En tout état de cause, il est prématuré de dire que le vaccin antigrippal protège de la Covid-19 ; des essais cliniques plus larges devront être conduits pour arriver, éventuellement, à une telle conclusion.

Tarifs des prestations journalières à l’hôpital : passage des TJP au TNJP

Dans les hôpitaux publics et les ESPIC, les Tarifs Journaliers de Prestations (TJP) sont jusqu’à présent fixés chaque année par l’ARS, établissement par établissement, en divisant les charges d’exploitation prévisionnelles de l’hôpital concerné, par le nombre prévisionnel de malades à accueillir par le même établissement.

  • En théorie, les modalités de calcul des TJP sont fixées par voies règlementaire. Dans la pratique, la fixation des TJP aboutit à satisfaire les demandes de chaque établissement, en fonction de ses conditions d’exploitation, de ses coûts et de sa situation financière propre, sans toujours respecter les modalités de calcul réglementaires.
  • Il résulte de cette pratique, une grande hétérogénéité des TJP entre les différents établissements à type de soins identiques ; à titre d’exemple, selon une enquête de l’Expansion, les TJP en médecine en 2017 allaient de 320 € au Centre Hospitalier (CH) de Saint-Sever à 2 230 € au CH de Lunéville, en passant par un TJP de 835 € à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), correspondant environ à la moyenne nationale observée de 882 €.
  • En revanche, au sein de l’hospitalisation privée à but lucratif, la tarification est uniforme au plan national pour chaque type de séjour. Cette grille tarifaire, résulte de la Tarification A l’Activité (T2A), permettant de déterminer des Groupes Homogènes de Soins (GHS), correspondant à des Groupes Homogènes de Malades (GHM).
  • Le gouvernement a souhaité uniformiser au niveau national les tarifs journaliers des CHU, CH et ESPIC, à l’instar de ce qui se pratique déjà dans l’hospitalisation privée. Pour cela l’Article 28 du PLFSS 2021, dispose qu’à compter du 1er janvier 2021, un Tarif National Journalier de Prestations (TNJP) sera défini, pour chaque type de séjour et s’appliquera à l’ensemble des hôpitaux publics et des ESPIC.
  • Cette réforme, réputée financièrement neutre au niveau national, peut toutefois aboutir, établissement par établissement, à des variations de ressources annuelles conséquentes par rapport au dispositif antérieurement en vigueur. C’est pourquoi un amendement a été adopté par l’Assemblée nationale, pour prévoir l’application d’un coefficient de transition du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2023, permettant de lisser la transition d’un dispositif à l’autre.

Remarque : cette réforme d’apparence technique ne sera pas sans impact sur les Organismes d’Assurance Maladie Complémentaire (OCAM). En effet, c’est sur la base du TJP (et demain du TNJP), qu’est calculé le Ticket Modérateur (TM) pris en charge par les OCAM, quand l’assuré est couvert par un contrat responsable. Le TJP représentait en effet 54% des dépenses hospitalières remboursées par les OCAM, en hausse de 31% sur les trois dernières années.